Freelances : pourquoi créer sa société peut vous exposer à la « taxe des rentiers »
Business 26 septembre 2026

Freelances : pourquoi créer sa société peut vous exposer à la « taxe des rentiers »

Chaque année, des milliers de freelances quittent le statut de micro-entrepreneur pour créer une SASU ou une EURL, séduits par la possibilité de déduire leurs charges réelles et de moduler leur rémunération. Mais cette bascule cache un piège méconnu : la cotisation subsidiaire maladie, plus connue sous le nom de taxe PUMa — ou « taxe des rentiers ».


Le réflexe classique : minimiser son salaire, maximiser ses dividendes

En société, un dirigeant a le choix entre se verser un salaire ou se rémunérer en dividendes, fiscalement plus avantageux car non soumis aux cotisations sociales classiques. Ce mécanisme d'optimisation, notamment via des SAS ou SASU dont le dirigeant ne se verse que des dividendes, est précisément ce que la taxe PUMa a été conçue pour limiter. L'idée du législateur est simple : si vous bénéficiez de la Sécurité sociale sans cotiser suffisamment par votre activité professionnelle, vous devez contribuer autrement.


Qui est concerné, et à quel prix

La cotisation s'applique quand trois conditions sont réunies. Il faut d'abord toucher moins de 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) en revenus professionnels, soit moins de 9 612 € en 2026, ne percevoir aucun revenu de remplacement comme une retraite ou une allocation chômage, et disposer de revenus totaux supérieurs à 50 % du PASS, soit plus de 24 030 €.

Le calcul lui-même peut surprendre par son ampleur : la cotisation équivaut à 6,5 % de l'assiette des revenus du capital (dividendes, revenus fonciers, plus-values) dépassant le seuil, cette assiette étant plafonnée à huit fois le PASS, soit 384 480 € pour 2026, le montant des revenus professionnels venant réduire proportionnellement la cotisation due. Autrement dit, un dirigeant qui touche 120 000 € de dividendes et seulement 2 500 € de salaire peut voir tomber un appel à cotisation à plusieurs milliers d'euros — souvent avec un an de décalage, l'Urssaf n'ayant connaissance de la déclaration fiscale qu'après coup.


Le parachute : un seuil de salaire à ne pas manquer

Bonne nouvelle pour les freelances vigilants : il suffit de se verser au moins 20 % du PASS en revenus professionnels, soit 9 612 € en 2026, pour ne plus être redevable de cette cotisation. C'est un arbitrage simple à intégrer dès la création de la société : mieux vaut parfois un salaire modeste mais suffisant qu'une rémunération 100 % en dividendes qui semble plus légère sur le papier mais expose à un rattrapage salé l'année suivante. 


Et la micro-entreprise dans tout ça ?

Ce risque ne concerne pas les micro-entrepreneurs classiques, dont les cotisations sont prélevées directement sur le chiffre d'affaires encaissé — 21,2 % pour les prestations de services BIC, 25,6 % pour les professions libérales hors Cipav et 23,2 % pour celles qui en relèvent, sur un plafond de chiffre d'affaires porté à 83 600 € en 2026. Le régime, plus simple, cotise automatiquement dès qu'il y a de l'activité, sans zone grise possible sur la PUMa.


La bascule vers une société reste souvent pertinente passé un certain niveau de revenus ou pour déduire des frais réels. Mais elle déplace la responsabilité : à l'entrepreneur de construire sa rémunération avec ce seuil en tête, sous peine de découvrir, parfois un an plus tard, que l'optimisation fiscale d'hier devient la mauvaise surprise d'aujourd'hui.

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